[Communiqué] La FQCIL dénonce la décision de l'Assemblée nationale du Québec d'attribuer le marché des suites bureautiques à la multinationale Microsoft sans mise en concurrence avec les solutions en logiciels libres

Montréal, mardi 21 février 2012,
Communiqué de presse no 201202-01 – Pour diffusion immédiate

La Fédération Québécoise des Communautés et des Industries du Libre dénonce la décision de l'Assemblée nationale du Québec d'attribuer le marché des suites bureautiques à la multinationale Microsoft sans mise en concurrence, sans comparaison avec les solutions en logiciels libres, et ce, malgré la volonté unanime de la représentation politique québécoise, exprimée en début d'année, lors de l'étude de la loi 133, de voir les solutions en logiciels libres prises en compte dans les marchés publics.

En effet, dans le cadre d'un processus d'appel d'offres biaisé qui met en compétition les seuls distributeurs de produits Microsoft, l'Assemblée nationale du Québec a publié, le 20 février 2012, un « appel d'offres no370100474  » pour 1200 licences Office Pro Plus 2010 (600 fermes et 600 en options).

La FQCIL rappelle que des solutions en logiciels libres telles que OpenOffice.org ou LibreOffice, ont amplement démontré à travers le monde qu'elles rencontraient parfaitement les besoins technologiques d'organismes tels que l'Assemblée nationale, tout en étant bien plus économiques.

La FQCIL est consternée que la plus haute institution du pays, garante de nos valeurs et de notre bien commun puisse prendre une telle orientation qui va à l'encontre de la volonté du législateur, n'est pas dans l'intérêt de l'Assemblée nationale, ne rencontre pas les valeurs d'équité et de liberté de la société québécoise, nuit à l'indépendance technologique du Québec et à l'innovation, ne favorise pas un développement économique durable et nuit au développement des PME/PMI du Québec.

La FQCIL est d'autant plus surprise de cette décision que la Cour Supérieure du Québec, dans le sévère jugement dans le dossier Régie des Rentes/Savoir-faire Linux en juin 2010, déclarait ce type de pratique illégale et contraire au droit.

La FQCIL souligne l'importance pour la démocratie québécoise et le dynamisme économique du Québec que les systèmes d'informations des organismes publics soient bâtis sur des formats et des standards ouverts et libres.

La FQCIL rappelle la publication d'un décret par le gouvernement Charest en fin d'année qui permet aux organismes et ministères de détourner l'esprit de la loi sur les appels d'offres et d'éviter toute mise en concurrence par des solutions en logiciels libres. Au même moment, le Conseil du Trésor annonçait la décision de migrer l'ensemble des 400 000 postes de travail de son parc informatique sur Microsoft 7/office 2010 pour un coût de 800 millions de dollars (le coût réel est estimé par les experts à plus de 2 milliards de dollars).

La FQCIL fait remarquer que l'ensemble de ces dépenses récurrentes n'auront aucun effet sur la productivité des employés de l'État et ne sont que la conséquence du refus par son fournisseur de fournir du support sur les logiciels antérieurs.

La FQCIL fait observer à la population québécoise que ces sommes gaspillées inutilement aux profits de multinationales étrangères correspondent aux montants de l'impôt santé de 200$ et à l'augmentation exigée des frais de scolarité aux jeunes québécois pour leurs études.

En conséquence, la Fédération Québécoise des Communautés et Industries du Libre exige l'annulation de la décision de l'Assemblée nationale.

La FQCIL profite de cette période préélectorale afin de rappeler à tous les partis politiques du Québec leurs responsabilités à proposer aux Québécoises et Québécois des engagements clairs et forts concernant les enjeux considérables qu'ont les nouvelles technologies de l'information non seulement pour notre développement économique, mais également pour le désenclavement des régions, le développement culturel et artistique québécois et pour le renouveau démocratique.

Pour la Fédération Québécoise des Communautés et Industries du Libre,
son président,
Cyrille Béraud.

Contact presse :

Cyrille Béraud
cyrille.beraud@fqcil.org
tél. 514 994 2642